La famille des Streptococcaceae comprend sept genres. Parmi eux, Streptococcus et Enterococcus regroupent la plupart des espèces responsables d'infections humaines. Les caractéristiques communes à toutes ces espèces sont les suivantes : coques à Gram positif, non sporulés, immobiles, dépourvus de catalase et d'oxydase, ne réduisant pas les nitrates et résistants aux aminosides.
CLASSIFICATIONS des STREPTOCOQUES
Leur classification se fonde sur plusieurs critères :
- hémolyse incomplète : streptocoques a hémolytiques
- hémolyse complète : streptocoques b hémolytique
- pas d'hémolyse : streptocoques non hémolytiques
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antigène de la paroi, le polyoside C permet de définir plusieurs groupes : A.B.C.D.E.F.G.H.K.L.M.N.O.P.R.S.T.U.V. Certains streptocoques, dépourvus de polyoside C, sont dits "non groupables".
On peut mettre en évidence le polyoside C :
- par la technique de Lancefield qui comprend une extraction du polyoside C à partir d'une suspension de la souche par l'acide chlorhydrique à chaud ou par l'acide nitreux ou par la formamide ou encore par la pronase suivie d'une réaction de précipitation en tube en présence des antisérums spécifiques.
- par précipitation en milieu gélosé par contre-immunoélectrophorèse.
- par immunofluorescence directe (pour le groupe A)
- par coagglutination de staphylocoques ou de particules de latex sensibilisés par des anticorps spécifiques (cette dernière technique est actuellement la plus utilisée)
Ces classifications ne sont pas superposables.
Les critères de la taxonomie moléculaire ont permis de définir des groupes génomiques et d'individualiser de nouvelles espèces. En routine, on peut toutefois classer et identifier la plupart des streptocoques grâce aux caractères phénotypiques décrits ci dessus.
On classe actuellement les streptocoques en "ensembles" et "sous-ensembles" (ce qui n'est hélas guère en conformité avec les règles de la taxonomie bactérienne) :
- les streptocoques pyogènes,
- les streptocoques du groupe D,
- les streptocoques oraux,
- les streptocoques non classés.
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PYOGÈNES
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GROUPE D
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ORAUX
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NON CLASSÉS
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sous-ensemble 1
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St. bovis
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sous-ensemble 1
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St. pyogenes
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St equinus
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St. mitis, St. sanguis
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St. alactolyticus
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St. oralis
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St. gordonii
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sous-ensemble 2
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sous-ensemble 2
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St. agalactiae
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sous-ensemble 3
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sous-ensemble 3
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St. equismilis
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St. pneumoniae
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St. dysgalactiae
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sous-ensemble 4
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sous-ensemble 4
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St. milleri
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sous-ensemble 5
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sous-ensemble 5
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St. mutans
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sous-ensemble 6
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St. salivarius
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- Dans l'ensemble des streptocoques pyogènes :
o Streptococcus pyogenes est l'espèce type du genre ; c'est le streptocoque b hémolytique du groupe A.
o Streptococcus agalactiae possèdant l'antigène de groupe B est souvent désigné streptocoque B.
o Dans le sous-ensemble 3, on trouve les streptocoques b hémolytiques des groupes C, G ou L.
o Les souches des sous-ensembles 4 et 5, non hémolytiques, sont d'origine animale.
- Dans l'ensemble des streptocoques du groupe D, on trouve trois espèces commensales du tube digestif de l'homme et des animaux. S. bovis est le plus fréquemment isolé.
- Les streptocoques oraux correspondent aux streptocoques autrefois dénommés viridans. Ils sont, pour la plupart, a ou non hémolytiques et non groupables.
Parmi eux, S. pneumoniae, le pneumocoque, mérite une étude particulière à cause de sa virulence.
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LES STREPTOCOQUES du groupe A
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Encore appelés Streptococcus pyogenes, ils ont une grande importance en bactériologie médicale car ils sont responsables de la majorité des infections humaines à streptocoques.
CARACTÈRES BACTÉRIOLOGIQUES
Ce sont des cocci à Gram +, disposés en chaînettes, immobiles, non sporulés, apparaissant parfois capsulés.
Caractères de culture
Les streptocoques du groupe A, se comportent en culture comme des aérobies- anaérobies facultatifs : ils tolèrent l'oxygène mais l'eau oxygénée, apparue lors du métabolisme respiratoire, leur est nuisible car, contrairement aux staphylocoques, ils sont dépourvus de catalase. L'adjonction de sang dans le milieu est donc utile à cause de l'action catalasique de l'hémoglobine. Sur gélose au sang, les colonies sont petites et entourées d'une zone d'hémolyse franche et complète (c'est une ß hémolyse).
En milieu liquide la culture prend dans le bouillon l'aspect de "mie de pain".
La température optimale de croissance se situe entre 35° et 37°C. Le pH qui doit être voisin de 7,2 impose d'utiliser des milieux tamponnés
Paroi
Les structures de la paroi comprennent de dedans en dehors :
- la couche de peptidoglycane,
- le polyoside C, qui détermine le groupe A de Lancefield est situé entre la couche de peptidoglycane et la couche protéique externe,
- la couche protéique externe,
- la protéine M est un antigène qui différencie les sérotypes ; elle est le facteur principal de virulence et les anticorps qu'elle suscite sont immunisants et protecteurs,
- la protéine T, également antigénique, est utilisée, avec la protéine M, comme marqueur dans les études épidémiologiques,
- la protéine R n'est pas impliquée dans la virulence ou l'immunité.
Parmi les nombreuses substances antigéniques diffusibles, certaines ont une importance bactériologique et pathogénique.
- La streptolysine O (O pour oxygène-labile) lyse la membrane des érythrocytes et d'autres cellules (leucocytes et plaquettes) en se liant au cholestérol. Une faible concentration de cholestérol dans le milieu inhibe son action. La streptolysine O est antigénique et suscite la formation d'anticorps dénommés antistreptolysines O (ASLO) dont l'élévation des titres sériques constitue un bon marqueur d'infection streptococcique.
- La streptolysine S, insensible à l'oxygène, est produite par de nombreux streptocoques des groupes A, C, G mais aussi E, H et L. Elle n'est pas antigénique.